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  • Portrait : entretien avec Marianne Penn.

L’intégration ? Voici comment cela marche !

Avec l’aide d’autres bénévoles, Marianne Penn a créé une école pour les réfugiés à Trostberg, en Haute-Bavière. Outre des cours d’allemand, plusieurs matières importantes sont inscrites à l’emploi du temps des élèves.

Enseignante spécialisée en pédagogie curative, mais également conseillère municipale de Trostberg, Marianne Penn déborde d’énergie. La soixantenaire rayonne et pétille. Sa mission : aider ceux qui en ont besoin. Sa vision : une intégration réussie en Bavière. Avec l’aide d’autres bénévoles, Marianne Penn a mis sur pied une école de transition pour jeunes adultes réfugiés au cours de l’automne 2015. Installés dans deux anciens containers scolaires du collège de Trostberg (district de Traunstein, Haute-Bavière), 48 enseignants bénévoles font cours à environ 70 réfugiés.

Transmettre le savoir, établir des passerelles

Sac au dos, les jeunes hommes viennent chaque jour à vélo de Trostberg et des communes voisines pour suivre les cours de l’école de transition. Mais ce projet pilote ne se contente pas d’offrir un enseignement aux réfugiés et de les occuper jusqu’à ce qu’ils trouvent un emploi. Cette école de transition crée des passerelles entre les élèves et les enseignants, entre les réfugiés et les habitants, entre la culture bavaroise et les cultures du monde. L’intégration, c’est comme cela que cela marche !

Une salle de cours de l’école de transition.
L’école de transition de Trostberg accueille des réfugiés qui sont trop âgés pour aller dans une école normale.
Portrait de Marianne Penn.
Enseignante spécialisée en pédagogie curative, Marianne Penn a cofondé l’école de transition de Trostberg.
Madame Penn, pourquoi avez-vous fondé l’école de transition ?

En 2015, un très grand nombre de réfugiés sont arrivés en un temps record en Bavière et dans le reste de l’Allemagne. Au départ, il n’y avait pas suffisamment de cours d’allemand pour toutes ces personnes. Nous y avons remédié. Nous ne voulions pas que ces jeunes gens perdent leur motivation en raison de l’attente et de l’inactivité.

Qui assure les cours dans votre école de transition pour les réfugiés ?

Chaque cours est assuré par au moins un enseignant de profession et par des assistants – tous bénévoles naturellement. Les enseignants donnent ces cours pendant leur temps libre. Certains d’entre eux sont à la retraite. Par ailleurs, notre équipe compte un prêtre et un pasteur qui donnent des cours d’éthique aux réfugiés afin de leur expliquer les valeurs et les normes les plus importantes en Bavière.

Outre l’allemand et l’éthique, quelles sont les autres matières enseignées ?

Nous donnons également des cours de mathématiques, des cours d’histoire régionale, d’enseignement général, de sciences sociales, de géographie – c’est-à-dire un peu de tout. Nous proposons également un cours d’informatique. L’objectif est, à long terme, de préparer nos élèves à passer un diplôme et à intégrer le marché du travail.

« Nous avons tellement de chance d’être nés en Allemagne, et d’autant plus dans la belle région de Bavière. À présent, le temps est venu de partager. »
Les élèves viennent des quatre coins du globe et ils ont des niveaux de formation très divers. Cela ne complique-t-il pas l’enseignement ?

C’est exact, ils présentent des parcours scolaires très divers. Certains sont analphabètes tandis que d’autres sont titulaires du baccalauréat. La mission n’est donc pas simple, mais tout le monde fait d’énormes progrès.

 

Vos élèves sont des hommes adultes. N’ont-ils pas du mal à se rasseoir sur les bancs de l’école ?

Bien sûr, c’est un sacré changement, en particulier pour ceux qui n’ont pas pu aller à l’école dans leur pays. Mais ces jeunes hommes savent également qu’il est important pour eux d’apprendre l’allemand. Ils veulent travailler et être autonomes.

En 2016, l’école de transition de Trostberg a remporté le « prix bavarois de l’innovation dans le secteur bénévole ». Cela vous encourage-t-il à poursuivre dans cette voie ?

Cette récompense nous a évidemment fait très plaisir. Mais ce qui nous encourage vraiment, c’est de travailler avec toutes ces personnes. Tout le monde y met du cœur. Les liens entre les réfugiés et les habitants continuent à se développer. Tous ensemble, nous pouvons vraiment faire bouger les choses.

Vous n’employez pas l’expression « crise des réfugiés ». Vous parlez de « défi ». Qu’est-ce qui vous a poussé à vous engager personnellement ?

À mes yeux, l’afflux de réfugiés en Allemagne est le défi de notre époque. Nous avons tellement de chance d’être nés en Allemagne, et d’autant plus dans la belle région de Bavière. Pour ma génération, les choses ont toujours suivi un cours positif ! Nous n’avons pas connu la guerre, ni la pauvreté. À présent, le temps est venu de partager.

Dans la salle de classe : Marianne Penn devant le tableau avec un élève.

Marianne Penn donne des cours à l’école de transition de Trostberg aux côtés d’autres enseignants bénévoles. Certains réfugiés n’ont pratiquement pas été scolarisés dans leur pays.

Dans la salle de classe : un élève étudie dans la salle informatique de l’école de transition de Trostberg.

Grâce à un don, l’école de transition dispose d’une salle informatique.

Dans la salle de classe : de jeunes migrants dans une salle de cours.

Cours d’allemand dans l’école de transition : les élèves apprennent également des choses de la vie pratique, p. ex. comment rédiger une lettre.

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